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IbogaineLes rituels gabonais de l'iboga apparu dans: Le Bwiti original ou Bwiti des Mitsogho apparut chez les Mitsogho lorsqu'ils atteignirent le territoire qui est actuellement le Gabon. Dans les temps anciens, le Bwiti lui-même était un syncrétisme composé du culte des ancêtres, exalté par la découverte de l'iboga (peut-être importé par les pygmées de la forêt équatoriale) et d'éléments culturels acquis au cours des migrations des Mitsogho. Chez les Mitsogho (et les Bapinzi), le Bwiti est strictement réservé
aux hommes, et les initiés sont considérés comme
Maîtres et seuls gardiens du mystère de la connaissance visuelle
de l'au-delà qui leur a été donnée par l'iboga,
"l'arbre miraculeux". L'iboga apporte la preuve visuelle, tactile et auditive de l'existence irréfutable de l'au-delà. A travers sa substance spirituelle inaltérable, l'homme appartient aux deux plans de l'existence qu'il confond, ne sachant pas où la naissance et la mort commencent. La mort physique perd toute signification parce que ce n'est rien d'autre qu'une nouvelle vie, une autre existence. "C'est l'iboga qui conditionne la pluralité des existences". L'iboga supprime la notion de temps; le présent, le passé et le futur fusionnent, comme dans l'univers superlumineux de Régis et Brigitte Dutheil (16) : par l'absorption de l'iboga, l'homme retourne d'où il vient. Pour être admis dans la société Bwiti, les candidats doivent subir une série d'épreuves ou rites de passage qui commencent dans un enclos strictement réservé aux initiés. Chaque candidat a une "mère", qui est un vieil initié; c'est un homme qui s'assure que la cérémonie d'initiation est conduite selon les règles. La cérémonie consiste essentiellement dans l'ingestion de raclures de racines d'iboga (Tabernanthe iboga H.Bn var. noke et mbassoka). Cette "manducation de l'iboga" est supervisée par la "mère" qui vérifie, constamment, le dosage de la drogue suivantt les réactions physiologiques du candidat qui doit prendre une grande quantité d'écorces de racines et de tiges de T. iboga. Cette manducation est précédée d'une abstinence sexuelle et alimentaire, le jour précédent. Le rite est très strict et chaque manifestation a une grande valeur symbolique. Sur un feu, les anciens font griller des graines de courge. Le bruit qu'elles font lorsqu'elles éclatent symbolisent le départ de l'esprit - qui est supposé quitter le corps par la fontanelle - pour son voyage mystique. Le crâne du candidat est frappé trois fois avec un marteau pour libérer son esprit. La langue du néophyte est piquée avec une aiguille pour lui donner le pouvoir de relater les visions à venir. Etant donné que la manducation peut durer plusieurs jours, la
désincarnation et la réincarnation du néophyte sont
reconstituées avant que les visions apparaissent. Un pieu surmonté d'une structure en bois en forme de diamant est planté au milieu du courant: il représente l'organe sexuel femelle, que le candidat doit traverser ( à l'état foetal), à contre-courant, nageant alors vers l'amont, vers l'est, le soleil levant, la naissance. Pour la proclamation de cette naissance initiatrice, la tête du néophyte est rasée et saupoudrée d'un bois rouge (padouk), comme il est fait avec les nouveau-nés. Finalement, dès que l'état physiologique du néophyte, après la manducation, est jugé satisfaisant, il est conduit dans le Temple où il est placé du côté gauche, qui symbolise la féminité, l'obscurité, la mort Il reste dans le Temple, du côté gauche, absorbant des feuilles d'iboga, jusqu'à ce que la perception normative des visions se produise. Pendant la manducation, les effets de la drogue commencent à se
manifester vingt minutes après la première absorption de
l'iboga par des vomissements violents et répétés.
"Le ventre du néophyte (banzi) se vide même du lait
de sa "mère". Les manifestations physiologiques commence avec une somnolence, suivie d'une incoordination motrice, d'une forte agitation, de tremblements, de rires et de pleurs, d'anesthésie partielle avec une hypothermie et une hyperthermie intermittentes, un halètement qui peut aller jusqu'à la suffocation. Pour estimer les progrès de l'intoxication et pour ajuster le dosage, les responsables prennent le pouls, écoutent les battements du coeur, contrôlent la température simplement en touchant le corps et en évaluant sa sensibilité en le piquant avec une aiguille à différents moments. Selon l'état physiologique, les "mères" augmentent ou diminuent les doses de temps en temps. Les effets oniriques ne commencent pas à se manifester avant environ une dizaine d'heures, pendant lesquelles les rituels mentionnés précédemment prennent place, partiellement en public avec des danses et de la musique.
La première vision consiste en images vagues, incohérentes, désordonnées, dépourvues de signification religieuse, dont l'authenticité est souvent mise en question par le néophyte. Le second stade est caractérisé par une série d'apparitions d'espèces d'animaux menaçants qui quelquefois se séparent et d'autres fois se mêlent de nouveau rapidement. Dans le troisième stade, la vision onirique progresse clairement vers le stéréotype mythique. Le néophyte devient de plus en plus calme, signe d'une vision plaisante et apaisante, qui dissipe ses doutes quant à l'objectivité et la positivité de l'image perçue. Le néophyte se sent enveloppé par un souffle qui le transporte
en un clin d'oeil, au son d'une harpe Ngombi, vers un immense village
sans commencement ni fin. De l'autre côté, des voix sont entendues:" Qui est celui que vous recherchez, étranger?" et le voyageur répond:" Je recherche le Bwiti". Les voix prennent soudainement des formes humaines qui posent la question de nouveau et répondent alors en choeur:" Vous cherchez le Bwiti. Le Bwiti, c'est nous, vos ancêtres, nous constituons le Bwiti". La vision tend à devenir de plus en plus normative. les initiés demandent alors au candidat: "Vous êtes sur la bonne voie, le Bwiti sera bientôt là. Continuez; Regardez et vous le trouverez. Vous ne devez pas abandonner les images; reprenez-les là où vous les avez laissées." Une voix donne au candidat son nom d'initié. Le néophyte est observé constamment par sa "mère" qui régule ses réactions physiologiques pour éviter que de terrifiants fantômes n'interfèrent, car ils pourraient le conduire sur le mauvais chemin, vers la route de la mort. Le quatrième stade de la vision (celle à laquelle les ethnologues se réfèrent en tant que visions normatives) est celle marquée par la rencontre avec les plus hautes entités spirituelles. Après un dialogue avec ses ancêtres, le néophyte
trouve soudain "ses jambes immobilisées, devant deux Etres
Extraordinaires" qui lui révèlent qu'il est dans le
"Village des Bwiti" (village de la mort). Ils lui demandent
pourquoi il est venu ici. Soudain, le "Village de la Mort" est couvert d'étincelles
augmentant d'intensité, une "boule de feu" prend forme
et devient distincte (Kombé, le soleil). Cette boule de lumière
interroge le visiteur sur les raisons de son voyage. "Savez-vous
qui je suis? Je suis le Chef du monde, je suis le point essentiel."
Celle-ci est ma femme Ngondi (la lune)et eux sont mes enfants (Minanga,
les étoiles). Le Bwiti est tout ce que vous avez vu de vos propres
yeux. A travers le rêve éveillé, il entrevoit, dans le présent, le passé et le futur, son propre être, humain, immuable dans son essence spirituelle et vivant sur deux plans d'existence. Cependant, après les rites de passage, le nouveau membre doit être isolé du monde extérieur pendant une période d'une à trois semaines. Pendant ce temps, ses repas seront préparés et servis par une jeune femme qui a récemment enfanté, parce qu'il est considéré comme un nouveau né. L'initié a vu, il sait, il croit, mais comme tout Mitsogho, il ne fera ce voyage que deux fois,: pendant l'initiation et le jour de sa mort. Il est hors de question pour lui, de prendre de nouveau de l'iboga dans les mêmes conditions. A partir de là, alors, la plante sacrée sera seulement utilisée avec parcimonie pour "réchauffer le coeur" et pour l'aider "dans les efforts physiques ou les discussions." Nous pouvons apprendre plusieurs choses de cette étude du Bwiti Mitsogho En premier lieu, il y a quelques similarités frappantes entre
l'initiation au Bwiti et les rites d'initiation franc-maçonniques.
Le résultat final est le même, la connaissance du mystère
de l'au-delà, que les maçons appellent le "sublime
secret". L'initiation franc-maçonnique est précédée
par la retraite du candidat pendant laquelle il est assistée par
quelqu'un qui a déjà été initié. Ce
dernier lui communiquera, alors qu'il le fait passer à travers
une porte étroite, que l'initiation est une nouvelle naissance. L'initiation au Bwiti, chez les Mitsogho, concerne essentiellement le
passage de l'adolescence à l'âge adulte, devant la nécessité
d'éliminer les éléments épigénétiques
de l'enfance et de l'adolescence afin de reprogrammer dans le jeune homme
un nouvel ego correspondant aux normes culturelles de la tribu. Le résultat est un rêve éveillé sans manifestations psychotiques pendant lequel le sujet reste parfaitement conscient et peut communiquer avec ceux qui l'entourent, étant à la fois acteur et spectateur de ses propres visions. Ce qui est remarquable est le fait que l'intoxication par l'iboga est
très graduelle ce qui rend possible l'observation de plusieurs
stades durant ces visions. Dans les trois premières stades, les visions correspondent exactement
à ce que les psychanalystes appellent le monde souterrain de Freud. Tandis que dans le rituel Bwiti, nous n'avons pas manqué de rapporter
certaines similitudes entre l'initiation au Bwiti et l'initiation franc-maçonnique,
nous sommes également obligés de tirer des analogies entre
certains aspects de la vision résultant de l'absorption de l'iboga
et ce que certaines personnes voient au moment de la mort clinique. Nous
discuterons de cet aspect dans les conclusions L'Ombudi (ou Ombwiri, chez les Fang) est un ordre initiatique réservé
aux femmes qui sont des thérapeutes chez les Mitsogho et les Fang. |
Pharmacodynamie et applications therapeutiques Primal Feelings Newsletter 1995-96 |
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